WENDFAWREK

 

Une usine à vent — de l’alsacien «_ Wend_ », le vent, et «_ Fàwrek_ », l’usine — a été érigée dans un verger oublié d’Illtal, désormais repeuplé. Dressée sur des colombages au milieu d’un amas de granit gris du Rhin, l’installation est composée d’une éolienne, symbole d’énergie verte, et d’une turbine issue d’une ancienne industrie textile locale. Cette dernière est orientée vers l’éolienne, lui insufflant son mouvement lorsqu’elle en est capable, durant quelques minutes aux heures effectives des anciens ouvriers de la commune. Brasser de l’air, tel est le postulat de Jonathan Naas avec cette installation absurde. WENDFÀWREK valorise l’impossibilité de créer une forme de cycle perpétuel tout en mettant à jour notre dépendance énergétique par un objet éléctrophage prenant le dessus sur sa source d’alimentation. La turbine, consommant davantage d’énergie que l’éolienne n’est capable de générer, se met donc régulièrement à l’arrêt.

 

Cette œuvre illustre, sous forme d’un avertissement, l’impossibilité de créer un cycle perpétuel et vertueux. L’œuvre prône ainsi l’adaptation de nos comportements à l’urgence écologique, plutôt que l’innovation technique à la recherche d’un système générant plus d’énergie qu’il n’en consomme.